













Notre planète est actuellement impliquée dans une déstabilisation majeure dont nous sommes en grande partie responsables. Les défis auxquels nous devons faire face sont d’une ampleur jamais encore rencontrée dans l’histoire de l’espèce humaine. On peut citer dans une liste non exhaustive :
La crise est là, géologique et humaine
Le Vivant, pour changer de trajectoire
Par quelque bout que l’on prenne le problème, en utilisant les schémas de raisonnement, les paradigmes, les présupposés etc. qui imprègnent nos civilisations, nous aboutissons inexorablement à la catastrophe annoncée.
Seulement ces penseurs-défricheurs là n’ont pas une grande audience, soit parce qu'ils sont d’une lecture un peu aride, soit parce que leurs travaux sont déviants et que les hommes de science « politiquement corrects » s’en méfient. Ces chercheurs ne font pas non plus la une des journaux télévisés et ces idées-là restent confinées à des cercles très restreints.
Or ils nous apprennent que face à des changements considérables de son environnement, le système vivant quel qu’il soit, est capable de se transformer pour survivre, là où le système mécanique (même gratifié de beaucoup d’électronique et d’organisation) en est incapable.
L’avenir n’est écrit nulle part, il sera ce que nous en ferons collectivement. Mais saurons-nous le faire ? Pour y aider peut-être, je propose donc de retransmettre ce que j’ai compris par mes lectures, et par mes réflexions personnelles. Un chambardement complet de notre manière de penser le monde et d’y agir est maintenant nécessaire à notre survie. Mieux vaut pour cela avoir des repères clairs plutôt que d’y aller seulement à l’intuition ; d’ailleurs ces deux voies sont très complémentaires.
Comment réagissons-nous ?
Par rapport à cette situation, les citoyens de base se sentent impuissants, n’ayant comme seul réflexe que d’attendre des autorités qu’elles règlent la crise au mieux de leurs intérêts particuliers et qu’elles leur redonnent au plus vite la croissance dont ils sont dépendants.
Mais les autorités, quelles qu’elles soient - les leaders politiques, les leaders d’opinion, les leaders religieux - sont dépassés par les événements. Ils donnent le sentiment d’être impuissants, de ne pas avoir de fil conducteur cohérent à proposer pour faire face à ces défis. On les voit s’agiter dans des pantomimes dérisoires et contradictoires ; ils ne sont plus crédibles.
On sent bien que nos manières de penser, les paradigmes sur lesquels nos civilisations reposent, ne sont plus adaptés à l’époque. Mais comment change-t-on de regard ? Comment peut-on faire émerger une nouvelle civilisation planétaire ? Quels seraient les acteurs de cette émergence ? Comment s’y prendre ? Ces questions et beaucoup d’autres sont vitales pour notre avenir collectif.
C’est difficile, mais nous devons répondre à ces questions. Nous sommes menacés, et à très court terme, d’un cataclysme planétaire de première grandeur déclenché par l’un ou l’autre des facteurs de dérèglement évoqués ci-dessus.
Les défricheurs du monde à venir
Avant de présenter les idées des penseurs défricheurs qui nous permettront de surmonter la crise, je voudrais rendre hommage à tous ces acteurs souvent anonymes guidés par leur intuition, ayant le courage de s’écarter de la norme imposée par la société, qui inventent de nouveaux comportements individuels et collectifs et qui sont le ferment de l’émergence de la civilisation à venir, même s’ils n’ont pas de mots académiques pour expliquer ce qu’ils font, et même si parfois ils commettent des erreurs.
Pour revenir aux réflexions de fond, il est assez facile de repérer les idées novatrices. L’écologie est d’actualité et les contributions y sont riches et multiples. J’indiquerai ici surtout pour d’autres domaines les références des auteurs qui m’ont le plus marqué :
Karl Rogers sur le développement de la personne, Edgar Morin, Henri Atlan, Michel Serres, Jean-Pierre Dupuy, Basarab Nicolescu, Cornelius Castoriadis, René Girard, Marie Balmary parmi bien d’autres. Et plus spécifiquement pour ce cycle sur le vivant, je citerai deux personnes qui ont fait des avancées fondamentales :
Dans l’air du temps
Cette nécessité - et cette urgence - de changer radicalement notre manière de regarder le monde afin de retrouver notre maîtrise sur notre destin, est dans l’air du temps.
A titre d’illustration, citons Edgar Morin :
« Toute alternative, toute tentative pour jeter les bases d’un nouvel imaginaire est un travail de longue haleine (à mon avis, pas si longue que ça, parce qu’on n’a plus le temps) qui nécessite un commencement. Et ce qui commence est toujours déviant, toujours marginal. [...]
Il s’agit aujourd’hui de prendre conscience du fait que ce qui se joue est sans précédent dans l’histoire de l’humanité, le destin de l’humanité dans son ensemble : guerres de religion, armes de destruction massive, atteintes contre la biosphère, [...]
Si on est convaincu de cela, de cette urgence comme de cette évidence, alors et alors seulement se dessinera une voie. Et une espérance [...] »
Introduction de Pour un nouvel imaginaire politique Fayard
Je suggère, comme beaucoup d’autres que moi, de changer radicalement de regard, en connaissant bien les mécanismes de la vie et en cherchant à les promouvoir dans notre vie personnelle et collective, dans des domaines extrêmement variés et à toutes les échelles imaginables : notre rapport à l’environnement, nos méthodes d’enseignement, nos relations sociales, notre vision du fait religieux, notre pratique de la démocratie, notre respect du vivant etc.
Mentionnons également la 4ème de couverture du livre d’Isabelle Stengers « Au temps des catastrophes » La Découverte
« Nous avons changé d'époque : l'éventualité d'un bouleversement global du climat s'impose désormais. [...] Il ne s'agit pas d'un "mauvais moment à passer" avant que tout redevienne "normal".
Nos dirigeants sont totalement incapables de prendre acte de la situation. Guerre économique oblige, notre mode de croissance actuel, irresponsable, voire criminel, doit être maintenu coûte que coûte. [...]
Mais dénoncer n'est pas suffisant. Il s'agit d'apprendre, et cela à toute échelle, à briser le sentiment d'impuissance qui nous menace, à expérimenter la capacité de résister aux expropriations et aux destructions du capitalisme. Ce sont les chemins de cette alternative qu'explore Isabelle Stengers dans cet essai novateur. »
Dans les centres de recherche et les universités, des pionniers sont sortis des sentiers battus : ils ont développé et imaginé d’autres manières de rendre compte des systèmes vivants, dont nous faisons partie. Ce regard neuf remet en cause beaucoup de choses que nous pensions connaître et ouvre des perspectives inédites pour affronter la crise dans laquelle nous plongeons.
Mise à jour le 28/05/2010
Le vivant : le fil d’Ariane pour changer le monde !